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Les plug-ins ?

1 janv. 1997 - par cbraut
À la vitesse à laquelle évoluent les choses, à peine le "home studiste" a-t-il assimilé une technologie qu'une autre se présente à lui. En dix ans, il aura dû digérer la synthèse, l'échantillonnage, la séquence, la prise de son, l'enregistrement, le mixage, le Direct to Disk..., et n'est pas au bout de ses peines. Au programme de sa formation continue, les plug-ins figurent en bonne place parmi les sujets auxquels il va rapidement devoir se frotter !
Cette année, dans les salons où l'on cause home studio, la honte s'abattra sur qui ignore tout des plug-ins... Déjà éprouvé dans d'autres domaines, comme celui de la mise en page avec Quark XPress, de la retouche photographique avec Adobe Photoshop ou du Web avec Nestcape Navigator, ce concept débarque en force dans le petit monde de l'audionumérique assisté par ordinateur. Un domaine au sein duquel Macintosh conserve encore une longueur d'avance, notamment grâce aux produits Digidesign (le fameux Sound Designer hier - premier, à la fin des années quatre-vingt, à introduire la notion de plug-in -, les non moins fameux Pro Tools aujourd'hui), quoique le PC, lentement mais sûrement, rattrape son retard.
Jusqu'ici réservés à des configurations onéreuses que le prix cantonnait à un usage professionnel, les plug-ins se démocratisent. Utilisés en conjonction avec un séquenceur audio+MIDI, tel que Cubase VST (Steinberg), des produits de la trempe du Native Power Pack (Waves) ou d'Hyperprism (Arboretum Systems), font baisser l'addition qui, en incluant un Macintosh PCI musclé et une carte audio digne de ce nom, passe sous la barre des cinquante mille francs. Si cette somme n'est certes pas encore à proprement parler dérisoire, elle ne fera que diminuer dans les années à venir. Il est donc grand temps de se mettre au parfum et de comprendre ce que sont les plug-ins. Explications.
Trop, c'est trop !
    A force de tout vouloir leur faire faire, de leur rajouter des fonctions jusqu'à plus soif, certains logiciels - un traitement de text comme Microsoft Word, un tableur comme Microsoft Excel, un "browser" Internet comme Netscape Navigator, un séquenceur comme Cubase... - sont devenues des usines à gaz. Avantage 1 (pour le "consommateur") : même si l'expérience prouve qu'il ne se sert que d'un (très) faible pourcentage des fonctions disponibles, chacun est au moins à peu près sûr d'y trouver son compte, de tomber sur celles qui répondent à ses besoins, aussi spécifiques soient-ils. Avantage 2 (pour le "producteur") : ne pas avoir à modifier un programme pour y incorporer une fonction supplémentaire. Inconvénient numéro 1 : la lourdeur de ces applications à tout faire (espace disque/mémoire requis, difficulté d'apprentissage). Inconvénient numéro 2 : devoir payer pour un potentiel que l'on sous-exploite, encore, dans une certaine mesure, qu'un logiciel devenu standard par son exhaustivité se vende généralement plus, et donc moins cher qu'un autre...
Sur mesure
    Face à l'embonpoint de telles applications, certaines sociétés, comme Steinberg avec Cubase, commercialisent leurs logiciels sous plusieurs formes : avec ou sans éditeur de partitions, avec ou sans pistes audio, en version allégée... Ainsi, il suffira par exemple à celui qui n'a pas l'usage du Direct to Disk de se tourner vers la version uniquement MIDI, tandis que le débutant se familiarisera avec la séquence en investissant dans un Cubase Lite, quitte à passer ensuite à une version plus "sérieuse" (un système d'"upgrade" permettant de ne payer que la différence). L'idée est séduisante, quoique l'utilisateur lambda risque d'être quelque peu dérouté, entre les différentes versions des différentes plate-formes (une bonne dizaine pour Cubase, si l'on compte les offres Atari, PC et Macintosh).
    L'alternative, pour lutter contre l'orientation "mastodonte" qu'on pris certains logiciels, ce sont les fameux plug-ins. Le principe est simple : il consiste à doter une application - dite hôte - de la possibilité d'appeler des programmes - dits plug-ins - pour leur déléguer des tâches qu'elle n'est pas capable d'effectuer. On a ainsi la possibilité de se constituer un environnement sur mesure, modulaire, en investissant dans des plug-ins suivant ses besoins spécifiques (on ne paye que pour ce dont on se sert), et qui rajoutent à l'application les fonctions désirées (du fait qu'elles brillent par leur absence, celles dont on n'a pas l'usage ne grignotent pas la RAM inutilement !). Les plug-ins peuvent être commercialisés par l'éditeur du programme hôte et/ou par des d'autres sociétés. Cette seconde possibilité permet notamment de bénéficier de l'expérience de certaines firmes dans tel ou tel secteur. Ainsi, Apogee a développé un plug-ins de mastering pour ProTools, t.c. electronic des plug-ins de chorus/délai et réverbération inspirés du M5000, etc. On peut aussi citer des constructeurs tels que Drawmer ou dbx, qui se lancent à leur tour dans l'aventure. Dans les milieux autorisés, que nous fréquentons quotidiennement, on va même jusqu'à chuchoter que George Massenburg s'y collerait lui aussi !
Les formats
    Dans le monde qui nous concerne, celui de l'audionumérique, les plug-ins viennent se greffer sur deux types d'applications (quoique la frontière ne soit pas toujours d'une absolue netteté), à savoir les logiciels d'édition et ceux d'enregistrement Direct to Disk, pour y rajouter les effets et traitements les plus divers : de la classique réverbération, du chorus ou de l'écho à la normalisation ou au "denoising", en passant par l'élargissement de la stéréophonie, le "dithering", le "noise shaping", l'expansion/compression temporelle, la correction de justesse, la "déréverbération", etc. Des manipulations les plus académiques aux plus surprenantes, on trouve de tout au rayon plug-ins. Ceux-ci, pour être appelés par un programme hôte, doivent être compatibles avec son format, son architecture. A titre d'exemple, les formats en vigueur dans le monde audionumérique sur Macintosh sont les suivants : TDM (ProTools), Premiere , SoundEdit 16, Cubase VST, SoundDesigner II et Prosoniq (sonicWORX Artist, sonicWORX Studio). Côté PC, sous Windows 95/NT, le nouveau standard vidéo et multimédia, Microsoft ActiveMovie API, semble s'imposer. Des applications comme Sonic Foundry Sound Forge, Steinberg WaveLab et Twelve Tone Systems Cakewalk, s'y conforment. Mentionnons aussi des environnements tels Creamware tripleDAT, Soundscape SSHDR1, Studio Audio SADiE ou Octavia, Innovative Quality Software SAW ou SAW Plus, Pyramix Virtual Studio Merging Technologies, qui eux-aussi, font usage de plug-ins.
    En pratique, vu de sa fenêtre, le développeur de plug-ins a le choix entre les adapter à chaque programme hôte avec lequel il souhaite qu'ils soient compatibles ou, plus astucieusement, commercialiser d'un côté ses plug-ins, et de l'autre un petit logiciel de liaison permettant de les interfacer avec tel ou tel programme hôte. A titre d'exemple, Arboretum Systems s'est orienté orienté vers la première solution, et Waves vers la seconde.
Temps différé...
    Il faut distinguer deux types de plug-ins : les effets (réverbération, chorus, délai...) et les traitements (normalisation, expansion/compression temporelle, conversion de fréquence d'échantillonnage, de résolution...). Il faut également distinguer deux types d'application hôte : les logiciels d'édition audionumérique et les programmes à vocation multipiste (Direct to Disk). Il faut enfin distinguer deux types de "moteurs" : avec ou sans cartes DSP. Selon ces différents critères, les plug-ins ne travailleront pas de la même façon. Commençons par ceux qui s'apparentent à des "traitements". Par leur nature même, ils sont généralement destructifs - on réécrit sur le disque, ce qui n'empêche pas au logiciel d'y inscrire des fichiers temporaires en vue d'un "undo" -, et opèrent a priori en temps différé, que ce soit en conjonction avec un logiciel d'édition ou Direct to Disk (quel intérêt de normaliser en temps réel, ou dans une moindre mesure, de "stretcher" ?). Plus grande sera la puissance allouée à ces traitements - celle du processeur de l'ordinateur ou d'un DSP -, plus vite ils s'acquitteront de leur besogne (fort heureusement, ils mettent généralement moins de temps à traiter un fichier que ne dure celui-ci).
    Le mode de fonctionnement des plug-ins de la famille des effets dépend, lui, du type d'application hôte. Dans le cadre d'un logiciel d'édition audionumérique (Peak BIAS, Gallery Software TurboMorph, Macromedia SoundEdit 16, Deck II...) ils agiront le plus souvent en temps différé et de façon destructive, quoique le temps réel/non destructif soit parfois à l'ordre du jour. Dans le cadre d'un environnement destructif, on réglera son/ses plug-ins en s'aidant d'un mode le plus souvent baptisé "preview" (écoute d'une portion du fichier, généralement chargée en RAM), pour ensuite appliquer l'effet. Là encore, de la puissance de l'ordinateur et/ou de la carte DSP dépandra la vitesse d'exécution. Comme nous le mentionnions à l'instant même, certains logiciels d'édition audionumérique offrent des traitements en temps réel. C'est le cas, sur PC, de l'impressionnant Steinberg WaveLab dont l'architecture Real Time Engine, sans nécessiter de carte DSP, autorise l'insertion de six effets ou plug-ins, sur le "chemin" du signal (pour information, les plug-ins disponibles sont ceux de chez Steinberg - DeNoiser, DeClicker, Externalizer, Loudness Maximizer et Grungelizer -, ainsi que le Native Power Pack, développé par Waves). C'est également le cas, sur Macintosh, de Digidesign Sound Designer II, limité pour sa part à un seul plug-in à la fois (tirant sa puissance de la carte qui accompagne impérativement le programme). Ainsi, on aura le choix de faire par exemple fonctionner égaliseur ou traitements dynamiques en temps réel (option "use for playback") ou non (option "process").
    Avec des logiciels multipistes, tel Pro Tools III ou Cubase VST, les plug-ins de type "effets" se comportent évidemment comme des périphériques. Cubase propose ainsi quatre départs auxiliaires par "tranche". Chacun d'eux "nourrit" l'un des quatre plugs-in du "rack d'effets" virtuel, par exemple une réverb ou un délai, dont la sortie alimente le bus stéréo de la "console" (auquel on peut d'ailleurs, d'autre part, infliger un quelconque effet, tel qu'un compresseur pour réduire la dynamique du mixage, par exemple). Par contre, il n'est pas prévu de point d'insertion par tranche. Peut-être pour une prochaine version... Dans ProTools, les choses sont un peu différentes : on a la possibilité, exactement comme sur une console, soit d'appliquer des effets en "insert" sur une voie, soit de les exploiter en configuration départ/retour (pour que plusieurs voies se les partagent). Dans ce second cas, l'effet est alors affecté à une tranche auxiliaire alimentée en entrée par un bus collectant les signaux envoyés et dosés, depuis chaque voie, via l'un des cinq "potentiomètres" de départ.
    Au sein d'une exploitation Direct to Disk, la puissance de l'ordinateur et/ou de la carte DSP est déterminante, puisque les plug-ins travaillent en temps réel. Ainsi, un Macintosh ou un PC "sous motorisé" entraînera un certain nombre de limitations. Peut être sera-t-on contraint de n'utiliser cette magnifique réverbération qu'en mono ? Peut-être n'aura-t-on droit qu'à la moitié des bandes de notre égaliseur paramétrique (le Q10 Waves, qui comporte dix bandes, a par exemple la bonne idée d'inclure des versions une, deux, trois, quatre, six et huit bandes, pour s'adapter à la puissance disponible) ? Peut-être le nombre d'"occurrences" du plug-in (c'est-à-dire le nombre d'exploitations simultanées, avec des réglages différents, comme par exemple pour se servir d'un compresseur en insertion sur chaque tranche) se trouvera-t-il sensiblement réduit ? Peut-être ne pourra-t-on pas utiliser d'effet du tout - bernique ! - et devra-t-on changer d'ordinateur ? Bref, vous l'aurez compris, les plug-ins ne naissent pas libres et égaux entre eux. Ou plutôt si, mais tout dépend ensuite de l'environnement dans lequel ils évoluent. Appartiennent-ils à la catégorie effets ou traitements ? Sont-ils employés par un logiciel d'édition audionumérique ou un programme multipiste ? Bénéficient-ils ou non d'une carte DSP ? Autant de facteurs dont dépend leur comportement !
Avec ou sans DSP ?
    En quoi cette fameuse carte DSP change-t-elle la face du monde ? C'est ce que nous vous proposons d'examiner sans tarder ! Le traitement du signal d'une façon générale, et celui du son en particulier, requiert une grande puissance de calcul. Voici encore quelques années, les micro-ordinateurs n'étaient pas équipés de processeurs suffisamment puissants pour mener à bien cette tâche : ni les 68000, 68020, 68030 ou 68040 de l'univers Macintosh, ni les DX286, 386 ou 486 de la galaxie des PC et compatibles, ne faisaient l'affaire. Bref, pas question, en ces temps reculés, de demander à son ordinateur de produire de la réverbération, par exemple...Ou alors, il fallait lui adjoindre une carte incorporant un processeur spécialisé : le DSP (Digital Signal Processor). Exception : l'Atari Falcon qui justement, équipé d'origine d'un DSP (56001 Motorola), était à sa sortie extrêmement performant en matière de Direct to Disk et d'audionumérique.
    Pour bien comprendre l'intérêt d'un DSP, il faut savoir que le traitement du signal fait essentiellement appel à des instructions mathématiques. Or, alors que le processeur central d'un ordinateur se doit d'être polyvalent, pour répondre à toute sorte de demandes, le DSP, lui, se borne à offrir un jeu d'instructions adapté. C'est l'avantage du spécialiste sur le généraliste, en quelque sorte...
    Pour en revenir à nos moutons, et à l'exception du Falcon, donc, il fallait doper son micro-ordinateur en lui offrant une carte DSP. Citons par exemple celles du constructeur Digidesign, pionnier de l'audionumérique sur Macintosh, avec notamment les SoundTools, AudioMedia et DSP Farm (pour plus de précisions, on se reportera à l'encadré consacré à Digidesign, après s'être préalablement muni d'une aspirine).
100 000 Mips
    Sans égaler les performances d'un DSP, les processeurs de dernière génération dont sont dotés les ordinateurs d'aujourd'hui (PowerPC côté Macintosh, Pentium côté PC, l'un comme l'autre atteignant des cadences de plus de 200 MHz), peuvent prétendre traiter de l'audionumérique sans l'aide de personne. Le séquenceur audio+MIDI Steinberg Cubase VST, pour Macintosh (et bientôt pour PC !), en est l'exemple le plus flagrant. Le Native Power Pack de chez Waves, pour Macintosh et PC, avec ses cinq plug-ins venant épauler nombre d'applications, de Cubase VST à Cakewalk, pousse le bouchon encore plus loin (voir encadré). Ceci dit, ne nous leurrons pas : à moins d'avoir un ordinateur surpuissant, les limites de l'audionumérique sans DSP sont vite atteintes, et il est encore un peu tôt pour carresser l'espoir de se passer des services de ce processeur spécialisé dans le cadre d'applications professionnelles. Tenez, pour porter son célèbre algorithme de "declicking" sur ProTools (capacité d'élimination de 2 500 clicks par seconde), CEDAR a du développer une carte spécifique, la MacDSP/C. Résultat, avec ses deux DSP 40 bits à virgule flottante, elle revient grosso-modo à cinquante mille francs. Un plug-in qui n'est certes pas à la portée de toutes les bourses ! Fort heureusement, bientôt, tout ceci ne sera plus qu'un lointain souvenir. Pour 2011, Intel nous promet effectivement un processeur cadencé à 10 GHz (10 000 MHz) et susceptible d'effectuer cent mille millions d'instructions par seconde - cent mille MIPS, si vous préférez. On peut donc se demander d'une part quelle est l'espérance de vie des appareils audionumériques (multi-effets et autres racks), et d'autre part combien de fois,en quinze ans, devra-t-on revendre/racheter ses ordinateurs pour qu'ils soient en mesure d'accueillir les progrès logiciels ? De là à considérer le "home studiste" comme une application hôte, livrée en standard avec les plug-ins "ce que j'ai acheté hier est aujourd'hui obsolète" et "vache à lait"...
Adobe Premiere & Macromedia Soundedit
    Avec à son actif Illustrator, Photoshop ou PageMaker, Adobe compte parmi les plus grands éditeurs de logiciels. Premiere, son programme d'édition vidéo, fait largement appel aux plug-ins, que ce soit par exemple pour appliquer des effets à l'image ou, plus près de nos préoccupations, pour traiter les pistes son. Or, sachez-le, ce format de plug-ins, qui porte le nom du logiciel (Premiere, donc), s'est imposé comme l'un des standards dans le monde de l'audio. Côté programmes hôtes, voici la liste de ceux qui l'ont adopté : BIAS Peak, Macromedia Deck II, Gallery Software TurboMorph et SampleSearch pour finir par Opcode Studio Vision. Côté développeurs de plug-ins, on peut citer InVision avec CyberSound FX, Waves avec le Native Power Pack ou encore Arboretum Systems avec Hyperprism-MMP.
    Autre éditeur de poids, Macromedia, réputée avant tout pour Director, le célèbre programme "auteur" multimédia, s'implique également dans l'audio : d'une part avec l'éditeur d'échantillons SoundEdit 16 2.0, de l'autre avec le logiciel Direct to Disk Deck II 2.5 (anciennement OSC, une société avec ses développeurs et propriétaires par Macromedia). L'un comme l'autre fonctionnent sans cartes et acceptent de recevoir des plug-ins, dénommés Xtras pour mon premier (comme avec Director), et au format Premiere pour mon second. InVision avec CyberSound FX, Progressive Networks avec son encodeur Real Audio, Waves avec son Native Power Pack (toujours lui !), et bien sûr Macromedia, avec Shockwave Audio, commercialisent des Xtras.
Le petit monde de Digidesign
    Pour le néophyte, l'offre Digidesign peut paraître complexe. Entre les différents logiciels, mais aussi et surtout les nombreuses versions de cartes, NuBus ou PCI (toutes basées sur des DSP Motorola de la famille 5600x, du vieux 56000 au 56002, cadencés à des fréquences plus ou moins rapides),on y perd son latin. Chez ce constructeur américain, qui a essentiellement oeuvré sur Macintosh (si ce n'est le logiciel Session et les cartes Session 8/Audiomedia III, fonctionnant également en version PC), il existe deux plates-formes à-même de recevoir des plug-ins : Sound Designer II et TDM (le bus Time Division Multiplexing, qu'exploite l'environnement ProTools III). Sound Designer II est un logiciel - l'un des pionniers de l'édition audionumérique - qui, pour travailler, nécessite une carte. Tous les modèles que Digidesign a sorti sont compatibles avec lui. A titre indicatif, en voici la liste, dans un ordre à peu près chronologique, de l'antiquité, soit 1990, à nos jours : Sound Accelerator (carte initialement prévue pour accélérer les logiciels Soft Synth et TurboSynth, ne comportant que des sorties, avec possibilité d'y greffer un module d'entrée analogique, l'AD IN, d'entrée/sortie analogique, le Pro IO, ou d'entrée/sortie numérique, le DAT IO), Sound Tools I & II, Promaster 20 (genre de Sound Tools II modifiée, haut de gamme, avec des convertisseurs 20 bits et tout spécialement adaptée au mastering), AudioMedia I & II, ProTools ("hardware" vendu avec le logiciel du même nom, rebaptisé 442 à la sortie de Pro Tools III) et Session 8 (sortie au départ sur PC, et ensuite sur Macintosh). Au format NuBus, tous ces modèles comportent à la fois DSP et entrées/sorties. Ils appartiennent à l'histoire et, à ce jour, ne sont plus commercialisés... Au catalogue, on trouve actuellement ProTools III Project (carte identique à Session 8, vendue avec le logiciel du même nom), Pro Tools III (ensemble de cartes en versions NuBus ou PCI) et AudioMedia III (en version PCI). Développé par Evan Brooks, entre autres (l'homme a quitté Digidesign voici un an, environ), Sound Designer II n'est pas de la toute première fraîcheur. Il faut par contre lui rendre hommage, en tant que pionnier, pour avoir ouvert la voie et inspiré tous ses successeurs... Lors de la récente mise à jour du logiciel visant à le rendre compatible PCI (version 2.82), et compte tenu de la difficulté à maintenir un programme d'un âge certain en l'absence de son géniteur, pour une rentabilité incertaine en l'absence de profits récoltés par des concurrents plus récents tels que Peak BIAS, Digidesign a toutefois fait sauter au passage la possibilité d'utiliser des "plug-ins"... Dommage, pour le possesseur d'un ensemble Sound Designer II/Audiomedia III !
    Passons à Pro Tools III qui, contrairement à SoundDesigner II, n'est pas un logiciel, mais un environnement, c'est-à-dire un ensemble modulaire de cartes d'entrées/sorties et DSP (Disk I/O, 882, 888, DSP Farms) sur lesquels se greffe le programme Pro Tools 3 (la version 4 devrait être commercialisée à l'heure où vous lirez ces lignes), mais aussi les séquenceurs audio+MIDI compatibles avec le "hardware" : Opcode Studio Vision, Emagic Logic Audio, Mark of the Unicorn Digital Performer et Steinberg Cubase Audio XT. Assurément, le fait que Digidesign ait nommé à l'identique "hardware" et "software" a semé le trouble dans certains esprits... Impossible de clore ce paragraphe sans mentionner un nouveau format de plug-ins créé par la firme et qui accompagnera la sortie de Pro Tools 4 : AudioSuite. Il permettra, grâce à la seule puissance du processeur central de l'ordinateur (un PowerPC, cela va sans dire), de faire fonctionner des plug-ins, a priori uniquement de type "traitements" - c'est-à-dire destructifs, en temps différé -, à commencer par toutes les fonctions issues de Sound Designer II, comme la normalisation. Néanmoins, astucieux qu'il est, AudioSuite recherchera tout d'abord la présence d'une carte DSP Farm pour, si il en trouve, s'en servir en lieu et place du PowerPC. Toujours est-il que l'heureux possesseur d'un environnement Pro Tools III aura l'honneur et l'avantage de pouvoir panacher deux architectures de plug-ins : TDM côté effets (temps réel/non destructif) et AudioSuite côté traitements (temps différé/destructif). Dans un autre ordre d'idées, AudioSuite devrait sans nul doute ravir l'utilisateur d'une version du logiciel Pro Tools "sans carte" (ProTools Power Mix, qui tire parti du Power PC), mais aussi celui d'un Pro Tools Project (qui tire parti de la carte du même nom, ex-Session 8, donc), ou d'un couple ProTools/carte Audiomedia III.
L'Offre Arboretum Systems
    L'éditeur américain Arboretum Systems a développé une collection d'environ trente effets temps réel pour Macintosh, qu'il commercialise sous six formes différentes : Hyperprism-68K (les effets fonctionnent de façon autonome, sans application hôte, et tirent parti de la puissance DSP des cartes Digidesign SoundAccelerator, AudioMedia I & II, Sound Tools I & II ou Pro Tools 442), Hyperprism-TDM (les effets fonctionnent sous forme de plug-ins en conjonction avec un logiciel compatible TDM, et tirent parti de la puissance DSP des cartes Digidesign DSP Farms au format NuBus - une version ProTools 4 PCI est en cours), Hyperprism-PPC (les effets fonctionnent de façon autonome, sans application hôte, et tirent parti de la seule puissance du PowerPC), Hyperprism-MMP (les effets fonctionnent sous forme de plug-ins en conjonction avec un logiciel compatible Premiere, et tirent parti de la seule puissance du PowerPC), Hyperprism-MMP Lite (même principe, avec seulement huit effets), Hyperprism-VST (les effets fonctionnent sous forme de plug-ins en conjonction avec Cubase VST, et tirent parti de la seule puissance du PowerPC). Pour les plus curieux d'entre vous, voici la liste des effets développés par Arboretum Systems, sachant que l'offre peut légèrement varier d'une version d'Hyperprism à l'autre (toutes ne contiennent pas forcément l'ensemble de ces effets) : low pass, high pass, band pass, band reject, phaser, flanger, chorus, ring modulator, ring shifter, frequency shifter, single delay, multi delay, echo, pitch follower, envelope follower, doppler, pitch time changer, tremolo, vibrato, stereo dynamics, balance, more stereo, hyper stereo, quasi stereo, M-S matrix, stereo tremolo, crossing pan, sweeping pan, hyper pan, compressor, noise gate.
L'Offre Waves
    Des développeurs de plug-ins, l'éditeur israélien Waves, dont les produits sont importés en France par SCV Audio, est assurément le plus réputé. C'est aussi l'un des pionniers. A son catalogue, on trouve les logiciels suivants : Q10 (égaliseur paragraphique 10 bandes), L1 (compresseur limiteur), C1 (compresseur noise gate), S1 (retouche d'image stéréo), PS22 ("stéréoiseur"), TrueVerb (réverbération), Audio Track (combiné égaliseur + compresseur + noise gate) et IDR (procédé permettant d'abaisser la résolution en compensant cette perte par des procédés "intelligents"). En pratique, sur Macintosh, on achètera d'un côté les plug-ins, pour ensuite utiliser le "shell" (littéralement coquille) requis par le programme hôte : WaveShell-TDM pour l'environnement Pro Tools III (tous les plug-ins Waves fonctionnent, et tirent parti de la puissance DSP des cartes Digidesign NuBus et PCI), WaveShell-P pour les logiciels au format Premiere (tous les plug-ins fonctionnent à l'exception du PS22, et tirent parti de la puissance d'un Macintosh à base de PowerPC ou de 68040, voire d'un autre membre de la famille 680x0, épaulé par un FPU, ou Floating Point Processor), WaveShell-SE pour SoundEdit 16 2.0 (idem), WaveShell-VST pour Cubase VST (idem) et WaveShell-SDII pour Sound Designer II (tous les plug-ins fonctionnent, à l'exception du PS22 et de la TrueVerb, et tirent parti de la puissance DSP des cartes Digidesign). Signalons par ailleurs l'existence d'une "coquille" un peu particulière, WaveShell-RT : une exception en ce sens qu'elle permet d'utiliser les plug-ins Waves en temps réel, indépendamment de tout programme hôte, afin de transformer l'ordinateur en processeur d'effets. Pour ce faire, une carte Digidesign est nécessaire. Au NAMM dernier, Waves a annoncé la sortie du logiciel MultiRack, successeur de Waveshell-RT, dont l'interface graphique permet très simplement de se concocter un rack d'effets sur mesure... Capable de gérer une ou plusieurs cartes, il fera du Macintosh un magnifique périphérique !
    Sur un plan pratique, compte tenu du nombre de plug-ins et de Waveshell que compte le catalogue Waves, l'éditeur a tout récemment décidé, pour clarifier la situation, de se limiter à trois offres (ou plus exactement d'en lancer deux nouvelles, qui viennent s'ajouter au récent Native Power Pack). Les voici, dans un ordre "hiérarchique" : TDM (pour la plate-forme du même nom), MultiRack (pour une utilisation non TDM à base de carte Digidesign, c'est-à-dire toutes sauf la DSP Farm) et Native (pour une utilisation sans DSP, c'est-à-dire tirant parti du processeur du Macintosh). La première de ces offres, TDM, s'utilise avec le Waveshell-TDM (tiens donc). Elle permet d'acheter les plug-ins, soit à l'unité, soit sous forme d'un "bundle" réunissant les Q10, C1, L1, S1, TrueVerb, mais aussi Wave Convert Macintosh (logiciel de conversion "batch") et TrackPac Pro (utilitaire de compactage). Dans l'un ou l'autre des cas, à l'unité ou en "bundle", on bénéficie du même coup des "autorisations" des deux offres de niveau inférieur, MultiRack et Native. Qui peut le plus peut le moins ! La seconde offre, MultiRack, n'est disponible que sous forme d'un "bundle" identique au précédent. Elle comporte les autorisations pour les plates-formes non TDM à base de cartes Digidesign (Audiomedia II, Audiomedia III, Pro Tools 442, ProTools III version NuBus, ProTools Project version NuBus, et bientôt ProTools PCI ). On murmure également que la Lucid NB24 devrait être compatible dans un avenir proche... Pour en revenir à l'offre MultiRack, elle fonctionne par conséquent main dans la main avec les WaveShell-SDII et WaveShell-RT/MultiRack. Toujours dans le même ordre d'idées, on écope, en prime, des autorisations de la troisième et dernière offre. Baptisée Native (ou Native Power Pack), elle se présente aussi en "bundle", regroupant les plug-ins Q10, L1, C1, S1, TrueVerb, ainsi que Wave Convert et TrackPac Lite (version allégée de l'utilitaire de compactage). Bien évidemment, on s'en servira en conjonction avec les Waveshell-P, Waveshell-SE ou Waveshell-VST... Cette décomposition du catalogue Waves en trois offres s'accompagne de la possibilité de passer d'un niveau à celui immédiatement supérieur (de Native à MultiRack, de MultiRack à TDM), ou d'un certain nombre de plug-ins isolés - c'est ainsi qu'on les achetait auparavant - à la formule "bundles", ceci pour une somme qui ne devrait point trop léser les clients de la première heure... L'univers du Macintosh n'est pas le seul convoité par Waves, puisque son Native Power Pack est également disponible pour PC. Plutôt que d'être accompagnée de "shells", les plug-ins se conforment à l'architecture Microsoft Active Movie (réservé à Windows 95/NT, avec laquelle sont compatibles les logiciels Sonic Foundry SoundForge, Steinberg WaveLab et Twelve Tone Cakewalk). En dernière minute, nous apprenons l'arrivée de deux nouveaux plug-ins : d'une part PAZ, pour PsychoAcoustic Analyzer (un analyseur prenant en compte des données psychoacoustiques, comme son nom l'indique, et intégré aux "bundles" TDM/MultiRack), de l'autre Renaissance Compressor (premier d'une série de traitements vintage, simulant des effets disons, assez chauds, non inclus dans les bundles et réservés aux environnements TDM/MultiRack).
Au bout des doigts
    Les plus âgés d'entre-vous, nés à une époque où le monde était bien réel, avec ses switches, ses faders, ses potentiomètres..., argueront sans doute du fait qu'il n'est pas bien agréable de manier des effets à la souris, aussi puissants soient-ils. On ne peut leur donner tort. Pivoter d'un coup sec sur son siège à roulettes et accéder au rack de périphériques pour régler un compresseur est incontestablement plus intuitif que de paramétrer un équivalent plug-in (quoique les représentations graphique à l'écran ne soient pas négligeables)... C'est pourquoi les "surfaces " de contrôle ont de beaux jours devant elles ! Celle que commercialise Mackie pour Pro Tools 4, la HUI (Human User Interface), va jusqu'à permettre d'affecter switches et potentiomètres aux paramètres des plug-ins. Un confort dont on ne saura se plaindre, d'autant que la dernière version de Pro Tools, la 4.0, autorise de surcroît leur automation...
Chacun son tour
    Les DSP les plus répandus, en particulier les Motorola 56001 et 56002, ne peuvent théoriquement exécuter qu'un algorithme à la fois. Entendez par là qu'il est en principe impossible de faire cohabiter deux plug-ins. En admettant qu'un limiteur - un traitement peu gourmand - ne consomme que 10% des capacités du DSP, les 90% restants seront perdus... L'horizon n'est pas si noir, car pour être précis, on pourra néanmoins se servir de notre limiteur en plusieurs exemplaires ("occurrences"), par exemple un par piste, ceci avec des réglages différents pour chaque. Pas question, par contre, de mettre à profit la puissance inutilisée du DSP pour faire fonctionner un autre plug-in. Seule la société Waves - encore elle- a semble-t-il contourné le problème. Ses fameux "shells" permettent en effet d'allouer de façon dynamique les capacités du DSP d'une carte Digidesign à plusieurs plug-ins.


    P.S.: un grand merci à David Korn, éminent confrère spécialiste de l'audionumérique sur Macintosh, pour son précieux concours.



    © Christian Braut
A propos de l'auteur: cbraut
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